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Entraînement

Les sorties longues enchaînées, et le moment où elles ne rapportent plus

La séance qui construit la résistance en ultra, et le point où elle prend plus qu’elle ne donne.

6 minutes de lectureÉcrit par l’équipe Trailwise

Une coureuse au loin sur une piste forestière entre de grands arbres

Sortie longue le samedi, plus longue que tu ne le voudrais. Puis debout le dimanche matin, sur des jambes qui ne veulent rien savoir, et dehors à nouveau.

Les sorties longues enchaînées. Le bloc que tout le monde recommande, et à juste titre : à part courir la course elle-même, c’est probablement la chose la plus spécifique que tu puisses faire pour une longue journée en montagne. C’est aussi le bloc qui met discrètement fin à plus de saisons que n’importe quel autre, parce que la courbe du coût se retourne méchamment sans grand préavis.

Pourquoi ça marche

Elles t’apprennent à courir sur des jambes fatiguées, et c’est ça, la vraie compétence. Aucune course de cent kilomètres ne se décide dans les trente premiers. Elle se décide à la septième heure, sur des jambes déjà cuites, quand le terrain devient pénible et que ta foulée commence à se déliter. Tu ne peux pas répéter cela à l’état frais. Tout l’intérêt du dimanche, c’est que tu le commences déjà fatigué, et c’est dans cet état que tu courras la course.

Elles t’achètent aussi un long temps sur les jambes sans une seule séance énorme. Cinq heures le samedi et trois heures le dimanche te donnent huit heures de travail spécifique. Une sortie de huit heures donne le même total avec un trou plus profond après, et plus de stress mécanique en une seule dose. La version fractionnée achète l’essentiel du bénéfice à un prix plus bas.

Et le dimanche matin est le moment où la stratégie nutritionnelle de la veille rend son rapport. Alimente-toi trop peu le samedi et le dimanche te le dira, sans ambiguïté. C’est une leçon qu’il vaut bien mieux apprendre en février qu’au kilomètre soixante de ta course.

Il y en a un quatrième, moins mesurable. Franchir la porte le dimanche quand tout fait mal, c’est une répétition de la partie de la course où tu voudras t’arrêter.

Quand elles ne rapportent plus

Les enchaînements ne sont pas meilleurs de façon linéaire. Il y a une plage où ils constituent la séance la plus utile de ta semaine, et un point au-delà duquel le coût de récupération grandit plus vite que l’adaptation, et chaque enchaînement supplémentaire est un retrait.

Le problème, c’est que ce point bouge. Il dépend de ton âge d’entraînement, de ton bloc récent, de ton sommeil, de ta vie, du terrain, et du dénivelé en jeu. Quiconque te donne un chiffre fixe est en train de deviner.

Ce que tu peux faire, c’est guetter les signes que tu l’as dépassé.

Le dimanche ne devient pas plus facile au fil du bloc. Tout le principe repose sur l’adaptation. Si le quatrième enchaînement est exactement aussi pénible que le premier, tu ne t’y adaptes pas, tu les encaisses.

Le lundi et le mardi sont fichus. Un enchaînement doit te coûter une journée. S’il te coûte la première moitié de la semaine, à chaque fois, alors ton total hebdomadaire est mangé par une seule séance et le reste de ton entraînement lui est sacrifié.

Ton allure facile à fréquence cardiaque donnée glisse au fil du bloc, pas seulement après chacun d’eux. Un peu de dérive est attendue dans un gros bloc. Une dérive régulière, semaine après semaine, qui ne se résorbe pas pendant la semaine de récupération, est un autre message.

Des gênes qui apparaissent le dimanche et qui sont encore là le mercredi. Les courbatures du dimanche sont le prix. Les courbatures du dimanche qui survivent à la semaine sont une facture.

Le sommeil qui se dégrade au fil du bloc. Fréquent, facile à mettre sur le compte d’autre chose, et l’un des indicateurs les plus fiables que la charge a dépassé ce que tu absorbes. C’est celui qui te prévient des semaines à l’avance, avant que tes jambes ne fassent l’argument à ta place. Si ton bloc d’enchaînements coïncide avec un sommeil qui glisse et une fréquence cardiaque au repos qui dérive vers le haut, tu as ta réponse, et tu n’as pas eu à attendre une blessure pour l’obtenir.

Les deux modes d’échec

Le bloc héroïque. Six enchaînements en six semaines, parce que c’est ce que disait le plan trouvé sur internet. C’est celui qui produit les fractures de fatigue et les problèmes de tendon d’Achille, et le coureur est toujours surpris, parce que chaque séance prise séparément était réalisable. C’est ça, le piège. Les terminer n’est pas le test, les absorber l’est, et rien pendant la séance ne te dit laquelle des deux tu as faite.

L’enchaînement trop facile est l’échec inverse et il ne lui ressemble en rien. La sortie du dimanche est si courte et si douce qu’elle n’est pas vraiment la seconde moitié de quoi que ce soit. Trois heures le samedi et quarante minutes le dimanche, c’est une sortie longue et un footing. Il n’y a rien de mal à cela comme semaine, mais ce n’est pas le stimulus spécifique.

Une forme courante place le dimanche autour de la moitié aux deux tiers du samedi. Le principe est plus utile que le ratio : le dimanche doit être assez long pour que sa dernière partie soit un vrai travail difficile sur des jambes fatiguées.

Comment mener un bloc qui rapporte

Regroupez-les en blocs avec une vraie coupure. Deux ou trois week-ends enchaînés, puis un vrai week-end de récupération. Pas un week-end un peu plus petit. Un week-end vraiment facile, dont tout l’intérêt est de laisser l’adaptation se poser.

Fais progresser le dimanche, pas le samedi. Si tu augmentes le stimulus, ajoute d’abord au deuxième jour. C’est ce jour-là qui fait le travail spécifique. Ajouter au samedi ajoute surtout de la fatigue.

Adapte le terrain à la course, et compte la descente. Si ta course compte 4000 mètres de descente, tes enchaînements ont besoin de descente, parce que les dégâts du travail excentrique sont une grande partie de ce qui détruit les gens en fin de course en montagne. La descente est aussi là où se loge l’essentiel du coût mécanique. C’est l’axe où les blocs partent le plus souvent de travers : les coureurs font progresser la distance avec soin et laissent le dénivelé filer.

Traite la semaine suivante comme une partie de la séance. Si le lundi et le mardi doivent être très faciles, c’est l’empreinte réelle de la séance, pas un manque de discipline. Prévois-le ainsi au lieu d’en être déçu.

Et aborde-les assez reposé pour les faire correctement. Un enchaînement lancé depuis un trou déjà creusé n’est qu’une grosse semaine avec des étapes en plus.

Ce que nous plafonnons, et une limite que nous avons ratée

Il y a une limite au saut qu’une sortie longue peut faire d’une semaine à l’autre, et les enchaînements sont comptés comme la paire plutôt que comme deux sorties séparées, parce que traiter le dimanche comme une sortie moyenne indépendante, c’est exactement comme ça que le total grimpe sans que tu le voies.

La correction : une première version du générateur de plans produisait, sous certaines combinaisons de course et de bloc, des week-ends enchaînés avec plus de dénivelé dans les semaines de récupération que dans les semaines de construction. Pas plus de distance. Plus de dénivelé positif. C’est le genre d’erreur qui n’a jamais l’air fausse sur un calendrier, parce que les distances descendent toutes poliment pendant que la chose qui te fait vraiment mal va dans l’autre sens. C’est corrigé, et il y a maintenant un contrôle qui échoue au lieu de livrer un allègement qui grimpe plus que la semaine qu’il est censé alléger.

Je le mentionne pour la même raison que le bug d’affûtage dans une autre note. Ces systèmes ne méritent ta confiance que si les gens qui les construisent te disent ce qu’ils ont trouvé quand ils sont allés chercher.

Surveille si le dimanche devient plus facile au fil d’un bloc. Surveille ce que coûtent le lundi et le mardi. Surveille ton sommeil. Quand ces choses-là se retournent, la bonne réponse est un week-end vraiment facile plutôt qu’un week-end héroïque de plus.

Trailwise n’est pas un dispositif médical. Ce n’est pas non plus un substitut à un médecin ou à un kinésithérapeute. Trailwise signale ce qui mérite une discussion. Il ne pose pas de diagnostic, et il te dira quand il ne sait pas.

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